Depuis plusieurs mois, les personnels de la Petite Enfance sont fortement mobilisés contre le décret assouplissant les conditions d’accueil des jeunes enfants…
Plusieurs grèves et manifestations – la dernière date du 29 mai – ont rassemblé à Paris des milliers de professionnels et de parents, membres et sympathisants du collectif "pas de bébé à la consigne", pour dénoncer la dégradation des conditions d’accueil en crèche, mais aussi chez les assistantes maternelles. La mobilisation reste vive en raison du dernier projet de décret, présenté par Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la Famille et à la Solidarité. Le texte prévoit l’augmentation des capacités d’accueil à moyens constants et une diminution de la proportion du personnel le plus qualifié (éducatrices de jeunes enfants, puéricultrices et auxiliaires de puériculture).
En projet également la création de maisons d’assistantes maternelles permettant à quatre assistantes maternelles accueillant chacune quatre enfants de se regrouper. Une façon de créer un lieu d’accueil collectif non soumis aux normes, sans cadre juridique précis, ni contrôle par une structure existante de la Petite Enfance.
L’accueil en collectivité accessible à tous est un investissement pour l’avenir. C’est un impératif pour l’insertion professionnelle des mères. Il doit permettre l’éveil et la socialisation du jeune enfant… sous réserve d’un encadrement correct. Un personnel en nombre insuffisant sera contraint de se limiter aux repas et aux changes au détriment des activités d’éveil. La diminution des contrôles et qualification est un grave retour en arrière quand on connait toutes les compétences nécessaires pour s’occuper des enfants en bas âge. Le gouvernement montre une conception de l’éducation du jeune enfant d’un autre âge.
Dans le même temps, le gouvernement souhaite créer – à la charge des collectivités locales et des familles - des jardins d’éveil pour les enfants de deux à trois ans, avec un encadrement d’un adulte pour douze enfants, alors qu’il est actuellement de un pour huit en crèche pour des enfants du même âge. Quelle serait leur articulation avec les écoles maternelles dont le rôle est primordial dans la prévention de l’échec scolaire et du creusement des inégalités ? C’est à ce niveau que les moyens publics devraient se concentrer, au lieu d’être réduits de manière inquiétante.
A l’opposé, Les Verts de Colombes demandent la création d’un véritable service public de la Petite Enfance qui couvrirait l’ensemble des modes de garde, et intégrerait les dimensions indissociables telles que la santé et l’environnement du jeune enfant, ou encore le soutien à la parentalité. Ce service public viendrait renforcer les efforts des collectivités locales. Nous exigeons l’abandon des mesures gouvernementales et affirmons notre soutien aux professionnels de la Petite Enfance.
Les EluEs Verts
Catherine
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